jeudi 8 décembre 2016

Dans la presse







Novembre 2015 – DVD « Heureux avec moins » Magazine Kaizen : Hors série



Derrière ces témoignages, une invitation à ralentir, repenser son présent, et revoir ses modes de pensée. Et donc à vivre plus simplement.
Un DVD coproduit avec On passe à l’acte ! Commande possible depuis le site de Kaizen.




Article dans Pilosophie Magazine : « Comment arrêter de subir ? »



Il arrive un moment où la situation apparaît trop absurde, les contraintes bien trop lourdes, l’atmosphère franchement irrespirable. Alors, privés de notre élémentaire liberté de mouvement, nous subissons. Comment se dégage-t-on de cette mécanique oppressante ? Nous avons choisi d’articuler notre dossier autour des deux issues identifiées par le penseur et économiste Albert Hirschman : « exit » et « voice ». La première consiste à faire défection, mais elle nous engage à distinguer la simple fuite du retrait fertile. La seconde invite à donner de la voix, à dire « non », à affronter le système qui voudrait nous aliéner : à l’image de ces révoltes aux multiples formes qu’embrassent aujourd’hui certains de nos concitoyens face au déraillement de ce qu’ils estiment être de justes conditions d’existence. Reste que les options « exit » et « voice » ne s’excluent pas toujours l’une l’autre. Comme le montre notre débat entre l’« anarchiste conservateur » Jean-Claude Michéa et le philosophe et sinologue François Jullien, elles sont souvent prises dans une tension dialectique, imposant ainsi des stratégies obliques, qu’il s’agisse de se libérer en solitaire ou en solidaire.
Mathieu Lamour, 28 ans, travailleur itinérant.
« J’ai fait des études d’ingénieur en réseau et télécommunications. Mais je me sentais totalement coincé et j’ai voulu vivre en accord avec mes idées, marquées par le souci de l’écologie et de la décroissance. Dès le début de mes études, je me posais des questions : avais-je envie de me lancer dans un mode de vie – celui du salarié bien intégré – basé sur le stress, la compétition, la recherche du profit, où j’aurais été enfermé dans un bureau, avec un salaire tous les mois ? En même temps, je n’étais pas sûr de moi, je me disais qu’il fallait que je fasse comme les autres. J’ai donc suivi ma formation, tout en travaillant en alternance chez Orange puis dans des hôpitaux. A un moment, j’étais en charge de la sécurité informatique de trois établissements. Je jouais le jeu, je travaillais à un rythme intense (jusqu’à 70 heures par semaine). Mais je le vivais très mal. J’avais de l’éczéma partout sur les mains. Néanmoins, j’ai continué jusqu’au bout pour avoir un diplôme. A la fin de mes études, en 2011, à 25 ans, j’ai décidé de partir sur les routes à vélo. Faire un essai pendant un an. Ma grande idée était de voir si l’on pouvait vivre sans argent, en logeant chez les uns et les autres, en échange de travaux et de services, dans une démarche alternative et solidaire (ce qu’on appelle le « woofing »). Et pendant douze mois, j’ai parcouru la France m’arrêtant dans des fermes bio, dans des lieux communautaires, animés par des décroissants, des personnes vivant en marge de la société. Je suis très manuel : j’aidais aux travaux de la ferme, à des travaux de bâtiment. Bien sûr, tout n’est pas rose. Parfois, on peut tomber sur des égoïstes qui cherchent à vous exploiter. Le premier jour où je suis parti, il pleuvait, il faisait froid, j’étais seul sur mon vélo, ce n’était pas facile. Mais j’ai fait des rencontres extraordinaires, qui avaient du sens. Je tenais aussi un blog sur un site, Citoyens en Transition, qui m’a beaucoup aidé à tenir le coup. Et je me suis prouvé qu’on peut vivre avec très peu d’argent, en étant utile, actif, sain d’esprit. J’ai dépensé en tout 1 500 euros en un an. Bien sûr il faut accepter un mode de vie austère, une certaine solitude – tout en étant très ouvert aux autres – mais ce qu’on gagne en sensation de liberté, de cohérence avec soi-même est incroyable. Depuis 2013, je suis installé à La Ferme des Bouillons, près de Rouen, une ZAD (zone à défendre), une ferme occupée où nous développons l’agriculture biologique et les activités d’entr’aide. J’ai l’impression d’avoir brisé une des grandes mystifications de notre époque : celle qui dit que si l’on n’a pas un travail salarié, rangé, on tombera dans la précarité, le malheur, la misère. C’est faux. »






Entretien avec un Zadiste





Article dans « Aujourd’hui en France »


Petite apparition dans le supplément « Cahier spécial » sur le thème « Vivre enfin ses rêves » du journal « Aujourd’hui en France » du 29 décembre.


Tout recommencer à zéro, prendre un nouveau départ, détourner le cours de son destin ; nombreuses sont les expressions évoquant un désir partagé par huit Français sur dix, celui de changer d’existence, comme le fait le héros de La Vie rêvée de Walter Mitty. Avec, souvent, une idée bien précise: trouver enfin le bonheur…
« Avez-vous fait quoi que ce soit de notablement remarquable ? » C’est cette question, en apparence anodine, qui va rapidement mener Walter Mitty, le héros du dernier film de et avec Ben Stiller (lire page B), à progressivement cesser d’imaginer l’existence de ses rêves pour tenter de la vivre vraiment. Cette question, tout le monde ou presque se l’est posée un jour ou l’autre. Autrement formulée, elle pourrait ressembler à « ai-je tout fait pour être heureux ? », « ne suis-je pas en train de passer à côté de ma vie ? », ou à « et si je repartais à zéro ? ». Tout le monde ou presque ? Ce n’est pas qu’une façon de parler : un sondage réalisé en 2009 par Opinion Way révélait que 79 % des Français souhaitaient changer de vie. Plus frappant, peut-être, parce que plus concret encore ; une étude Ipsos menée en 2012 rapportait le désir de 35 % des actifs français de changer de métier dans l’année à venir.
Tout plaquer pour « être heureux »
Du rêve à la réalité, il n’y a parfois qu’un pas, comme le montrent les parcours de nos quatre témoins (lire page D). Qu’il soit provoqué par un aléa professionnel, une rupture sentimentale, la naissance d’un enfant ou une prise de conscience subite, ce pas-là est de moins en moins un saut dans le vide, une fuite en avant sur un coup de tête. Il se prépare, s’anticipe d’autant plus facilement que se multiplient les ouvrages sur le sujet (lire page C), les témoignages directs, notamment grâce aux blogs de ces nouveaux aventuriers, mais aussi les dispositifs d’accompagnement, qu’ils soient privés (jemereconvertis.fr) ou publics (rejoignezlallier.fr), menés dans ce cas le plus souvent par des territoires ruraux en butte à la désertification. Cela suffit-il à ceux qui veulent changer de vie pour oser se lancer ? Entre 2006 et 2009, en tout cas, ils étaient 2,5 millions de Français à avoir tenté ce pari. Avec, le plus souvent, un seul Graal, loin devant l’envie de gagner plus d’argent ou d’exercer un métier socialement mieux valorisé ; « être heureux », tout simplement, leitmotiv qui revient dans la bouche de chacun des témoins que nous avons interrogés. Changer de vie, une folie ? Suivez le guide pour vous faire un avis et prendre en considération le fait que, peut-être, se lancer à la recherche du bonheur est au contraire faire preuve d’une infinie sagesse…
Dossier réalisé par Jean Berthelot de La Glétais
Article paru dans Le Parisien/Aujourd’hui en France du 29 décembre 2013

Article dans « La Voix du Nord »


Mathieu Lamour, l’ingénieur devenu nomade
« Je peux te donner le code de mon compte, tu verras qu’il n’y a pas d’argent ! »





Son boulot d’ingénieur en télécommunications aurait pu lui rapporter gros. Seulement Mathieu Lamour l’ex-étudiant lillois, 27 ans et des idéaux bien trempés, l’a lâché. Pour un vélo. Pour aller voir du pays. Pour une autre vie.
L’élève était brillant. Sept ans d’études, dont trois à Télécom Lille. Un avenir tout tracé qu’il a voulu briser. Un choix clairement assumé. «  Je n’avais pas envie d’être le hippie qu’on montre du doigt, en se disant : « Il n’a pas réussi dans sa vie. » » Depuis cinq ans, pourtant, il pensait à partir. Pour aller où ? « À la rencontre des lieux alternatifs, je voulais voir s’il était possible de vivre autrement socialement comme matériellement parlant. » Son école d’ingénieurs, c’était pour mieux tout abandonner.

« HUMANISTE »

« Hier, je négociais des devis pour développer un réseau dans une clinique », sourit Mathieu. Aujour-d’hui, il se soucie d’une pompe à eau défaillante, d’un potager à défricher. « J’échange mon travail contre de la nourriture. Et je me sens vachement mieux. » Son quotidien, c’est le troc. « J’ai un mode de vie respectueux de mes valeurs, plutôt qu’un boulot où je ne pouvais pas me regarder dans la glace. » Tour à tour baby-sitter, employé à la ferme ou à la rénovation de bâtiments, il prône le retour aux choses simples, revendique sa foi en l’être humain, refuse qu’on le traite d’extrémiste. « Humaniste, certainement. » En huit mois, le vent l’a porté à Angoulême, dans l’Indre, le Maine-et-Loire, en Espagne… Des tas de rencontres, beaucoup d’échanges, et quelques mauvaises surprises. Des mésaventures qui n’ont, jusqu’à présent, pas réussi à le faire rentrer à la maison. Car sa vie de bohème, Mathieu y est désormais accro. « Je m’étais donné un an pour réfléchir à ce que je voulais faire. Clairement, là, je ne me vois pas revenir ! » Sauf qu’en octobre, il y sera contraint et forcé. « Je suis témoin à un mariage en Bretagne.
» L’occasion d’être « reconfronté à la vie normale », de revoir sa famille et ses amis, qui lui « manquent quand même  ». Après, seulement après, il décidera s’il reste parmi eux. Ou s’il repart en vadrouille. Pour un périple à durée indéterminée cette fois.
Publié dans la Voix du Nord.

Mathieu Lamour part vivre autrement


Mathieu, 26 ans, est à la croisée de deux mondes : l’informatique, avec son diplôme d’Ingénieur en Télécommunications et Réseaux, et l’alter-mondialisme par son parcours militant et associatif. Le 10 novembre, il part vers l’Inde en vélo, smartphone en poche.

Le 10 novembre 2011, Mathieu Lamour, quitte ses amis et sa famille pour aller en Inde, en vélo. Sur le chemin, le jeune homme de 26 ans expérimentera la vie en communauté et le travail de la terre, sans rémunération. À la fois lucide et idéaliste, il part à la découverte de solutions pour aider à construire un monde où le progrès serait au service de la Nature.
Pourquoi partir?
« Pendant plusieurs années, je n’ai jamais été trop d’accord avec tout ça, j’ai essayé de contrebalancer les choses à mon échelle, en écrivant un peu pour des journaux, en militant pas mal, en proposant des choses concrètes comme un projet sur l’internet libre… J’ai donné des cours aussi, sur internet et les internet alternatifs à des étudiants en Licence, donc ça c’était quelque chose de chouette. Je me suis retrouvé à mener une manif’ une fois, un peu par surprise, enfin voilà, j’ai fait des choses, il y en a plein d’autres où j’ai essayé de militer …
Le départ est lié au fait qu’en restant dans ce système, je ne changerai rien. Il faut commencer par soi avant tout. La réalité de ce départ est là. Je commence d’abord par m’exclure de tout ça. Pour moi, c’est une réaction concrète. Essayer de changer les choses en convainquant les gens, ça n’a pas de sens puisque de toutes façons, de quoi je vais leur parler ? Par exemple d’aller vivre comme ci ou comme ça? Je ne sais même pas de quoi je parle ! Donc autant le faire !
Je continuerai à écrire, peut être que des gens viendront me voir ou iront voir des gens qui font des choses similaires, ça permettra d’ouvrir un petit peu les perspectives des autres… Peut-être que c’est une manière de continuer à aider aussi… Bon, c’est un petit peu idéaliste comme manière de voir les choses, mais en tous cas, aujourd’hui, j’ai besoin d’y aller, je ne peux plus rester, ça devient trop dur, c’est aussi pour ça que je pars, je ne peux pas rester plus longtemps. Il fallait que j’y aille. »
Par Violette Goarant sur Histoires Ordinaires

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